Cela fait suffisamment longtemps pour que les faits soient prescrits. Nous allons donc pouvoir faire maintenant toute la lumière sur ce que les journaux de l’époque ont appelé le Kani Project.
Nous avions depuis longtemps préparé notre coup : sous un prétexte fallacieux (le Festival de la Neige. Cf. article précédent), nous nous étions fait passer pour de simples touristes pendant 3 jours. Au retour, conformément à ce qui avait été planifié par de précédents contacts, un homme nous a abordés nonchalamment dans l’aéroport de New Chitose En quelques minutes, la transaction était faite : nous venions d’adopter sous le manteau un superbe Taraba-Gani (ou Paralithodes camtschaticus pour les intimes, Red King Crab pour les anglophones ou "le crabe qui fout la honte au tourteau" pour les francophone).
Pour déjouer la police, nous avions un planning très serré : nous quittions le Japon le plus vite possible pour ne revenir que lorsque l’intérêt pour cette affaire serait retombé (Cf. articles précédents sur la Thaïlande).
Le plan se déroula sans accroc, comme on les aime (toute personne identifiant correctement la référence et vivant au Japon gagne un porte-clés dans le plus pur style parisien). Le samedi suivant notre retour, le clandestin était arrivé par la poste, le plus tranquillement du monde. Les passeurs avaient même ajouté un Kegani, crabe tellement courant en Hokkaido qu’il sert un peu à tout, même à caler les objets dans les colis.
Aparté : Quand on dit qu'on le trouve partout, on n'exagère vraiment pas, la preuve en images, de haut en bas et de droite à gauche (soyons japonais):
- Kegani givré
- Kegani essayant de passer inaperçu derrière un bouquet de crabes
- Kegani (gros) en déco de façade
- Kegani regardant passer les chalands en faisant des bulles
Voici d’ailleurs les premières images de l’arrivée de notre tout nouveau petit :
- Avec son masque pour tromper la douane :
Dégrimé (les douaniers n’auraient jamais pu le reconnaître, non ?)
Mais notre plan avait une faille : pour sa "welcome party" (Shabu-Shabu style), notre pauvre petit crabe, déjà dans un environnement tout nouveau pour lui, serait entouré d’une foule d’humains qu’il ne connaîtrait pas. Ni une ni deux, notre collègue David et Rémi mirent en place une action coup de poing pour lui préparer une soirée de bienvenue dont il se souviendrait longtemps. Cette partie n’ayant pas été prescrite, nous ne pouvons entrer dans les détails, mais sachez simplement qu’elle impliqua un réveil à l’aube, des tractations interminables avec des pêcheurs et des vieilles dames, l’enlèvement de quatre crabes supplémentaires dont deux zuwaigani et une dégustation de sushi vers 8 heures du matin dans un quartier de Tokyo que l’on appelle Tsukuji. Aucune photo de ce raid n’a été prise à notre connaissance.
Résultat des courses : une bien sympathique soirée qui aura laissé, on l’espère, de bons souvenirs a tous (peut-être moins aux crabes, mais bon, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde…)

1 commentaire:
j'ai rien compris!
il était bon votre crabe?
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