18 février 2007

La St Valentin au Japon

Les japonais ne manqueraient pas une occasion de consommer. C'est pourquoi la fête des amoureux se fête ici en deux temps :

- le 14 février, les filles offrent :

  • du chocolat à leur boss (cela s’appelle le « chocolat obligatoire »)
  • du chocolat à leur amoureux. Mais celui-ci est fait maison, sinon ça ne compte pas. On trouve d’ailleurs dans les magasins tout un assortiment de petits moules en formes de cœur, de chocolat à cuire, de garnitures et de glaçage (très important).

- le 14 mars, pour le « white day », on inverse les rôles. Mais les japonais sont moins enthousiastes…

Finalement, notre boss étant canadien, les filles de l’équipe ont eu droit à leur chocolat, et nous, en bons français, on n’a rien fait… on se rattrapera en mars !

Plus ça va... mieux on comprend, mais on ne s'habitue toujours pas !

Place à la glovalisation de l'éducation !

Parfois, ton coiffeur en veut à tes cheveux (vous noterez : c'est le premier exemple de "spangrish" que nous croisons)


L'important, c'est de rispecter son voisin...


Ca a l'air bien !

Une vie de singe

Dans la short-list des existences de rêve, après celle du cerf de Nara, voici celle du singe des neiges : vivant dans la montagne et devant supporter des températures parfois très rigoureuses, ces macaques japonais ont découvert, en observant les humains, les bienfaits des sources d’eau chaude.

Depuis, les japonais en ont eu assez de partager leurs bassins et en ont creusé spécialement pour eux (pour les amateurs, il y a donc des onsens sans singes un peu plus loin).



Leurs journées d’hiver sont ainsi partagées entre recherche de nourriture, plongeons et pataugeage. Quant aux touristes, ils sont priés de ne pas trop les embêter (les petites bêtes ne sont pas apprivoisées).


Et comme le Japon est un pays au top de la technologie, vous pouvez observer les singes des neiges sans bouger de chez vous en cliquant ici.

Ici, à Nagano...

Ca faisait longtemps que nous n'avions pas eu un week-end de trois jours. Nous avons donc profité de la fête de la fondation de l’Etat pour nous évader de Tokyo… après nous être remis de notre dure semaine de travail en comatant toute une journée sur le tatami.

Cap donc sur les Alpes japonaises avec une première étape à Nagano. Les seules traces des jeux olympiques dont nous aurons profité (faute de temps) auront été les bouches d’égout et les arcades commerciales, toutes construites pour 1998 et commençant à accuser leur dizaine d’années à supporter le climat local.


Mais à Nagano, les jeux olympiques ne sont qu’une attraction secondaire : le Zenkoji abriterait la première représentation de Bouddha à avoir été introduite au Japon (notez le conditionnel : cela fait 37 générations d’empereurs japonais que personne ne l’a vu, si ce n’est un prêtre en 1702). Et une des attractions du temple est un labyrinthe souterrain où, dans l’obscurité la plus totale, on cherche la clé du salut.


Nous sommes ensuite partis au milieu des pommiers (nous ne savions même pas que cette région était célèbre pour ses pommes…) à la rencontre des singes des neiges (nous vous raconterons tout ça dans l’article suivant). Puis, nous sommes finalement arrivés à Matsumoto pour y passer la nuit.

Matsumoto est une charmante ville de montagne célèbre pour son château fort et ses douves pleines de carpes.


Mais le plus surprenant et le plus imprévu aura été la découverte de la nature (pas si) sauvage et de la faune typiquement nippone. Tout d’abord le tanuki (ou chien viverrin pour les français), un canidé assez rare par chez vous mais ici un actif participant au panthéon des esprits de la forêt.


Et le meilleur pour la fin, toute une famille de Totoro (Miyasaki Nipponicus) qui tentait de se soustraire à nos regards.

04 février 2007

L'hiver à Tokyo

Autant la chaleur de l’été ne pousse pas forcément à la découverte de la cuisine nippone (qui à part quelques grillades et salades de pâtes froides n’a pas grand-chose à proposer comme spécialités dignes de figurer à un vrai repas), la fraicheur de l’hiver nous permet de creuser un peu plus le sujet.

Ce n’est pas qu’il faille faire froid, c’est juste qu’il y a une température maximale tolérée pour certaines préparations : tout comme la soupe aux potirons bat à plates coutures le gazpacho en plein milieu de janvier, le donabe (土鍋) japonais ne sort du placard que lorsque les températures maximales descendent sous les 15°C.

Mais qu’est-ce que le donabe allez-vous nous demander. C’est un pot en terre cuite dont on se sert pour préparer des ragouts. Le principe est simple : un bouillon, des légumes, de la viande et/ou des fruits de mer. La multiplicité des recettes vient des différentes combinaisons d’ingrédients et de la composition du bouillon (certains restaurants sont réputés seulement pour leur bouillon, la recette étant top secret).


Après nos expériences parisiennes de shabu-shabu et de sukiyaki, nous poursuivons donc notre exploration de ce genre de cuisine. Nous sommes repartis des classiques, puis nous avons tenté notre chance avec des recettes moins reproductibles dans l’hexagone, en commençant par le kanishabu, dont l’ingrédient principal est du crabe à grandes papattes (venu tout droit du grand nord). L’avantage est que le crabe est prédécoupé à la scie circulaire : pas d’esquille dans le bouillon, pas de combat entre l’homme équipé de son marteau ou de son casse-noisette préféré et l’animal.

Mais tout ne peut se préparer à la maison, certains ingrédients étant introuvables dans le commerce. L’exemple le plus parlant en est le chanko nabe. Ce plat est la nourriture exclusive des sumos. On doit pouvoir en trouver tous les ingrédients assez facilement, mis à part… l’ancien sumo. Ayant passé toute la première partie de sa vie à déguster ce plat deux fois par jour et à le préparer pour ses « petits » camarades, il s’est retrouvé à la retraite très jeune en ayant le choix de poursuivre sa carrière soit dans le commentaire sportif (filière assez bouchée), soit dans l’ultimate combat K1 (mais on peut se faire très mal), soit dans la restauration.

C’est vers ce dernier type de reconverti que nous nous sommes tournés hier soir pour déguster ce met pas gras pour un sou : chou, carotte, poireau, oignon, gobo (une sorte de racine de bardane comestible, râpée en forme de spaghetti), daikon (un gros radis blanc géant), étrilles, coques, poisson blanc et poulet haché. Miam.

Et pour les végétariens d’entre vous, nous avons deux bonnes nouvelles : tout d’abord, il existe des chanko nabe n’ayant que des légumes. Ensuite, dans un genre un peu différent, c’est en ce moment la saison des... fraises. Très mures et savoureuses, elles sont produites exclusivement sous serre, et uniquement l’hiver. Re-Miam !

03 février 2007

Chandeleur et Setsubun


Après une semaine bien chargée, voire difficile, il était temps de chasser les démons de notre maison. Non, nous ne venons pas de nous inscrire à la nouvelle secte asiatique du moment, nous venons juste de fêter comme il se doit setsubun (節分 pour ceux qui peuvent lire les petits dessins) en même temps que la chandeleur.

La chandeleur, c’est facile, toute la francophonie connaît : on fait des crêpes, on les mange. Il faut juste éviter le pugilat lors du choix de la recette de pâte à crêpe.

Le setsubun, c’est moins facilement identifiable par le nivernais ou même le parisien moyen (résultat obtenu auprès d’un échantillon de deux français qui passaient par là). Il s’agit, pour la famille japonaise, de chasser les mauvais esprits de sa maison tout en y attirant la bonne fortune. On procède de la façon suivante :
  • prenez des haricots mungo secs (c’est du soja).

  • prenez un masque d’Oni (鬼) et passez le à Tristan (avec Rémi, ça marche aussi)

  • mettez le déguisé sur le balcon (ou le jardin si vous n’avez pas de balcon mais que vous avez un jardin)

  • depuis l’intérieur de votre logis, balancez des haricots à la tête du déguisé en criant Oni wa soto ! (鬼は外, démons dehors !) (mais ne pas les jeter trop fort, ça peut faire mal)

  • dans le même mouvement, jetez une poignée de haricot à l’intérieur de la maison en criant Fuku wa uchi ! (福は内, le bonheur dans la maison) (mais ne pas les jeter trop fort, sinon le ménage en devient difficile)

Ca se passe tous les 3 février, les démons sont chassés pour l’année.